Mère d'invention
  • Éditeur québécois

« Je ne veux pas être une mère qui est toujours dans ses livres, je veux être interrompue, je veux pouvoir être dérangée, je ne veux pas qu’un enfant
sente qu’il vit dans un ordre inférieur de réalité, que sa vie est contingente.
Je veux qu’il se sente souverain, qu’il soit impérieux, qu’il soit
insupportable. Je veux que ce soit l’écriture qui ressente les secousses du
quotidien, les dérangements, la maladie, les caprices, je veux que l’écriture soit insomniaque, dépassée par la vie, qu’elle en souffre, et qu’on le sente, qu’on se dise : clairement, elle n’arrive pas à gérer, c’est trop pour elle, ça se voit que tout ça est au-dessus de ses forces, qu’elle concilie mal le travail
et la famille, toujours en retard, décalée, c’est agaçant, à l’arrache, sur le bord d’une table, entre deux boires ou deux repas, dans un interstice de l’existence, c’est l’écriture qui finit par en souffrir, fatiguée, exténuée, on
sent qu’il ne reste pour écrire qu’un zombie, une volonté exsangue, c’est instable, et c’est ça que je veux, qu’on dise que c’est bâclé et, pourtant, qu’on n’arrête pas de lire […]. »
C. D.-M.
Voici un livre qu’un évènement réel a scindé en deux. Ce récit mutant, qui
n’épargne personne, est l’occasion de découvrir le style entêtant, enflammé
et profondément intelligent de l’auteure, hybride de Marcel Proust et de
Christine Angot.